Groupe d'action financière (GAFI)
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- 01 Qu'est-ce que le GAFI ?
- 02 La lutte contre le financement du terrorisme
- 03 Les 40 recommandations : un plan d'action pour la conformité
- 04 Approche fondée sur le risque
- 05 Diligence raisonnable à l'égard de la clientèle et mesures renforcées
- 06 Signalement d'activités suspectes
- 07 Tendances mondiales en matière de LBC/FT
- 08 Réflexions finales
Les crimes financiers tels que le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme menacent la stabilité économique et la sécurité mondiale. En réponse, le Groupe d'action financière (GAFI) a été créé en 1989 par le G7 afin de mener la lutte internationale contre ces menaces. Depuis lors, le GAFI a façonné la réglementation en matière de criminalité financière à travers le monde grâce à son ensemble de normes rigoureuses : les 40 Recommandations.
Qu'est-ce que le GAFI ?
Le Groupe d'action financière (GAFI) est un organisme international d'élaboration de politiques dont le siège se trouve à Paris. Il est composé de 37 juridictions membres et de deux organisations régionales qui œuvrent ensemble à l'élaboration et à la promotion de mesures visant à protéger le système financier mondial contre les abus.
Le rôle du GAFI ne se limite pas à conseiller les pays sur leurs politiques et réglementations locales ; il établit la norme d'excellence en matière de… anti-blanchiment d'argent (AML) et en matière de lutte contre le financement du terrorisme (LFT). Ses politiques visent à aider les pays à mettre en place des systèmes financiers robustes capables de détecter et de perturber les activités illégales, qu'il s'agisse de fraude, de corruption ou de financement du terrorisme.
La lutte contre le financement du terrorisme
La lutte contre le financement du terrorisme est devenue une priorité internationale après les attentats du 11 septembre 2001. En conséquence, le GAFI a révisé ses directives afin de mieux outiller les pays pour empêcher les fonds d'atteindre les réseaux terroristes. Cette révision a notamment consisté en une analyse plus approfondie des flux financiers illicites transitant par les circuits financiers légitimes et de la manière dont les criminels exploitent les failles du système de surveillance.
L'un des principaux axes de travail concerne l'abus de pouvoir par des individus en position d'autorité susceptibles d'être victimes de corruption, un phénomène connu sous le nom de Personnes politiquement exposées (PPE)Le GAFI exhorte les pays à renforcer le dépistage et le suivi des PPE afin de fermer ces circuits à haut risque.
Les 40 recommandations : un plan d'action pour la conformité
Les 40 recommandations du GAFI constituent un cadre complet pour lutter contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la fabrication et de la distribution illégales d’armes. Ces normes sont reconnues et mises en œuvre par plus de 200 juridictions. Parmi leurs principes fondamentaux, on peut citer :
- Connaissez votre client (KYC)Les institutions financières doivent vérifier l'identité de leurs clients avant d'entamer toute relation commerciale.
- Tenue de registres et rapportsLes entreprises sont tenues de surveiller les transactions et de signaler les activités suspectes aux autorités nationales.
- Gel et confiscation des avoirsLes fonds illicites doivent être identifiés et confisqués rapidement afin d'empêcher tout détournement ultérieur.
Approche fondée sur le risque
Le GAFI encourage les pays à adopter une approche fondée sur les risques, comme indiqué dans la Recommandation 1. Cela implique de réaliser des évaluations nationales des risques afin d’identifier et de comprendre les menaces que représentent le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les pays doivent ensuite allouer leurs ressources en fonction de ces risques, en veillant à ce que les efforts soient concentrés là où ils sont les plus nécessaires.
Diligence raisonnable à l'égard de la clientèle et mesures renforcées
Conformément à la recommandation 10, les institutions financières doivent mettre en œuvre le devoir de vigilance à l'égard de la clientèle (CDD). Cela implique de vérifier l'identité des clients et d'évaluer la nature et l'objet de la relation d'affaires.
Pour les clients à haut risque originaires de pays présentant des carences réglementaires stratégiques en matière de LBC/FT ou signalés comme PPE, Due Diligence renforcée (EDD) est requis. La recommandation 19 décrit ce processus, qui peut comprendre des contrôles plus stricts, une documentation supplémentaire et une surveillance continue.
Signalement d'activités suspectes
La recommandation 20 souligne la nécessité pour les institutions financières de signaler les transactions qui paraissent suspectes. Ces déclarations d’opérations suspectes (DOS) sont des outils essentiels qui aident les services de renseignement financier à déceler des schémas criminels plus vastes.
Les institutions doivent faire preuve de vigilance, notamment face à des transferts importants, des transactions anonymes ou des clients résidant dans des pays où les contrôles anti-blanchiment sont insuffisants. L’objectif est de briser la chaîne de la finance illicite avant qu’elle n’alimente la criminalité, le terrorisme ou la corruption systémique.
Tendances mondiales en matière de LBC/FT
À mesure que les systèmes financiers évoluent, les tactiques des criminels évoluent également. Ces dernières années, le GAFI s'est intéressé de près à :
- Criminalité liée aux actifs virtuels et aux cryptomonnaiesLe GAFI a mis à jour ses recommandations en 2023 afin de traiter les risques liés aux actifs numériques, en se concentrant sur les plateformes d'échange, les fournisseurs de portefeuilles numériques et les plateformes DeFi.
- Transparence de la propriété bénéficiaireOn observe une pression croissante en faveur de la création, par les pays, de registres centralisés permettant de révéler l'identité des personnes physiques se cachant derrière les sociétés écrans et les fiducies.
- IA et analyse de données dans la lutte contre le blanchiment d'argentLa technologie joue un rôle de plus en plus important dans la surveillance des transactions en temps réel et la détection des fraudes, permettant des réponses plus rapides et plus précises aux menaces.
Réflexions finales
Les travaux du GAFI demeurent essentiels à la lutte mondiale contre la criminalité financière et ses conséquences néfastes. Ses 40 recommandations continuent d'orienter les gouvernements, les autorités de réglementation et les institutions financières dans la mise en place de mécanismes de défense à la fois pratiques et efficaces. Face à l'évolution des méthodes criminelles, les cadres destinés à les prévenir doivent également évoluer. Le respect des normes du GAFI permet aux institutions de protéger leurs activités, de préserver leur crédibilité réglementaire et de contribuer à un système financier plus résilient.
