L’Agence canadienne des crimes financiers interrogée sur l’efficacité de ses mesures antifraude
Des experts en lutte contre la fraude font part de leurs inquiétudes concernant l'efficacité de la nouvelle Agence canadienne des crimes financiers (ACSF), annoncée par les libéraux, dans la lutte contre la fraude.
On présume que cette nouvelle agence sera inefficace et qu'elle persécutera certains Canadiens, à l'instar de la Loi sur les mesures d'urgence. Elle tenterait de coordonner ses efforts avec ceux de CANAFE, de la GRC et de l'Agence du revenu du Canada pour lutter contre la fraude et le blanchiment d'argent.
Vanessa Iafolla, professeure adjointe à l'Université St. Mary's et directrice d'Antifraud Intelligence Consulting, affirme que le Canada est incroyablement en deçà de ses capacités en matière de lutte contre la criminalité financière, mais elle ignore dans quelle mesure la nouvelle agence changera la donne.
« Ils s'intéressent à des choses comme la fraude, le blanchiment d'argent, le crime organisé, la dénonciation d'initiés, et j'imagine aussi la fraude fiscale. Je pense que ça a beaucoup de chances de bien se passer, mais il y a aussi beaucoup de chances que ça devienne juste une agence de plus. » Iafolla l'a déclaré dans une interview accordée à Western Standard.
« CANAFE n’a pas un bilan important en matière d’imposition de sanctions administratives pécuniaires ou de dépôt d’accusations. Nos chiffres au Canada sont plutôt bas… J’ai du mal à croire que si peu d’accusations soient portées chaque année. Je serais donc vraiment déçu si l’agence de lutte contre la criminalité financière s’avérait n’être qu’une opération de communication de la part du gouvernement fédéral. »
Iafolla estime que la Loi sur les mesures d’urgence était contraire aux principes canadiens en ce qu’elle a pris par surprise, de manière rétroactive, les donateurs du convoi de camionneurs qui agissaient alors dans le cadre de la loi.
« Si au Canada la loi est censée s’appliquer de manière claire et équitable, et que rien ne peut être rétroactif, comment est-il possible alors que l’on puisse contrôler les transactions financières de personnes faisant des dons à une manifestation après coup, alors qu’à l’époque, il n’y avait rien de mal à ce que quiconque reçoive et traite cet argent ? »
L'une des mesures budgétaires soutenues par Iafolla était la création d'un registre public et consultable des bénéficiaires effectifs, qui serait mis en place avant la fin de 2023.
« Il est possible de dissimuler son identité derrière des sociétés écrans. Dans de nombreuses juridictions, on peut masquer des sociétés imbriquées ou utiliser différentes structures juridiques pour dissimuler sa propre propriété. L’objectif de ce registre est donc d’accroître la transparence quant à la propriété des actifs », a déclaré Iafolla.
« Une proportion non écrasante d'entreprises ne sera pas touchée négativement par cette mesure. Et parmi celles qui le seront, il s'agit principalement de celles qui utilisent nos structures légales pour mener des activités illégales. »
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