La campagne canadienne de lutte contre le blanchiment d'argent reçoit le soutien d'une coalition.
Le gouvernement canadien a rapidement répondu à l'appel à l'action lancé par une alliance d'organisations pour mettre fin à la facilitation des transactions financières illégitimes.
Suite à l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, plusieurs pays ont lancé une campagne de sensibilisation contre le blanchiment d'argent. Cependant, les fonds illicites présumés appartenant à des oligarques russes ne représentent qu'une infime partie du problème global.
Au Canada, le niveau estimé du blanchiment d'argent criminel et de la corruption se situe entre 45 et 113 milliards de dollars et est souvent lié au trafic de drogue.
Malheureusement, le Canada fait partie des pays occidentaux mis en avant par des entreprises qui aident leurs clients à trouver des logements avec un niveau de vérification relativement faible.
Un récent rapport de la coalition End Snow Washing Now (Transparency International Canada, Publish What You Pay Canada et Canadiens pour l'équité fiscale) a mis en lumière la façon dont les cabinets de conseil conseillent sur la constitution de sociétés au Canada et profitent du secret et des faiblesses des forces de l'ordre.
La coalition a découvert des traces d'entités canadiennes dans les données publiques sur la propriété effective au Royaume-Uni. Ces entités bénéficient d'un voile de secret au Canada.
Bien que le gouvernement canadien se soit engagé à mettre en place un registre des bénéficiaires effectifs similaire à celui du Royaume-Uni, sa mise en œuvre n'était prévue que pour 2025.
Toutefois, l’accord entre les libéraux et le NPD visant à maintenir Justin Trudeau au pouvoir jusqu’en 2025 prévoit un calendrier accéléré pour le registre, qui devrait maintenant être en place d’ici 2023.
« Partout dans le monde, les pays accélèrent la mise en place de registres publics des bénéficiaires effectifs, considérés comme des outils essentiels pour lutter contre les flux financiers illicites, et il est formidable de voir le Canada accélérer son calendrier. » a déclaré James Cohen, directeur général de Transparency International Canada. « L’objectif est que le Canada mette en place le meilleur registre des bénéficiaires effectifs accessible au public possible. »
Les organisations membres de l'alliance ont formulé plusieurs recommandations pour la mise en place de ce registre des meilleures pratiques, notamment un accès libre à tous sans barrières payantes et des sanctions strictes pour ceux qui soumettent des informations frauduleuses.
L’importance de la coopération interprovinciale est également essentielle pour accroître la transparence de la propriété des entités canadiennes.
« De nombreuses provinces attendaient des directives fédérales à ce sujet, et un accord pancanadien permettra au registre de couvrir le plus grand nombre possible d’entités constituées en société. » a déclaré Sasha Caldera, directrice de campagne chez Publish What You Pay Canada. « Le Canada peut commencer par un groupe de provinces volontaires, et nous nous attendons à ce que d’autres provinces se joignent à nous compte tenu des avantages qu’offre un registre en matière de diligence raisonnable. »
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